Face aux tensions sur les finances publiques, la désindexation des pensions apparaît comme un moyen rapide de limiter la progression des dépenses de retraite. Mais cette mesure répond-elle au problème de fond ?
Dans une tribune publiée dans Le Figaro, l’économiste Olivier Klein estime que la désindexation ne peut constituer qu’une solution temporaire. Elle permet de freiner les dépenses à court terme, mais ne corrige pas le déséquilibre démographique qui fragilise le système de retraite par répartition.
Un déséquilibre démographique à résoudre
Le vieillissement de la population modifie le rapport entre actifs et retraités. Or, dans un système par répartition, les pensions sont financées par les cotisations des personnes en activité. Lorsque le nombre de retraités progresse plus rapidement que celui des cotisants, l'équilibre financier du système devient plus difficile à maintenir.
Trois leviers peuvent alors être mobilisés : augmenter les cotisations, réduire les pensions ou prolonger la durée d’activité. Selon Olivier Klein, les deux premières options pèsent sur le pouvoir d’achat, les revenus disponibles et, potentiellement, la croissance économique.
Allonger la vie professionnelle, à quelles conditions ?
L’économiste privilégie l’allongement de la durée d’activité. En augmentant le nombre de personnes en emploi, cette mesure pourrait soutenir la production de richesses et contribuer au financement des retraites.
Cette évolution suppose toutefois des mesures d’accompagnement : prise en compte de la pénibilité, formation, reconversion et adaptation des postes de travail. Le maintien en emploi des seniors constitue également un enjeu majeur.
Une réponse immédiate, mais insuffisante
Pour Olivier Klein, la désindexation risque d’affaiblir durablement le pouvoir d’achat des retraités et la confiance dans le système par répartition si elle devient une solution permanente.
L’enjeu dépasse donc la maîtrise des dépenses publiques : il s’agit d’adapter le système de retraite aux évolutions démographiques sans faire peser durablement son financement sur les seuls actifs ou retraités.
L’analyse complète d’Olivier Klein est à retrouver dans sa tribune publiée dans Le Figaro
