Dans une tribune publiée le 27 juillet 2026 par L’Opinion, Olivier Klein, professeur d’économie à HEC, pose une question centrale : comment financer durablement un système de retraite par répartition lorsque l’espérance de vie augmente et que le nombre d’actifs par retraité diminue ?
Le débat français sur les retraites semble pourtant condamné à se répéter : chaque réforme suscite oppositions, manifestations et affrontements politiques. Pour Olivier Klein, la réponse ne devrait pas être idéologique, mais démographique. Plusieurs pays européens ont choisi d’adapter automatiquement ou progressivement l’âge de départ à l’évolution de l’espérance de vie.
La Suède a ainsi instauré un âge de référence qui évolue lui même avec cette évolution, avec une application effective depuis janvier 2026. Le Danemark suit une logique comparable, en maintenant une durée moyenne de retraite autour de quatorze ans et demi. L’Allemagne envisage également de faire évoluer progressivement l’âge de départ en fonction de la démographie.
La France pourrait-elle s’inspirer de ces mécanismes ?
Pour Olivier Klein, réduire les pensions ou augmenter les cotisations ne constitue pas une réponse satisfaisante. Ces mesures pèsent respectivement sur le pouvoir d’achat des retraités ou sur le revenu disponible des actifs, avec des effets négatifs potentiels sur la consommation, l’épargne et la croissance.
Le relèvement progressif de l’âge de départ répondrait, selon lui, à une logique différente : il s’agirait d’adapter la répartition du temps de vie entre activité et retraite à l’allongement de la durée de vie. Cette évolution aurait également un effet sur le taux d’emploi, la production et les recettes publiques, sans augmenter directement les prélèvements obligatoires.
La comparaison européenne est également éclairante. Fin 2025, la dette publique représentait 35,1 % du PIB en Suède et 27,9 % au Danemark, contre 115,6 % en France. Ces écarts ne s’expliquent évidemment pas uniquement par les retraites, mais ils montrent que les choix budgétaires et sociaux peuvent différer fortement d’un pays européen à l’autre.
Le véritable enjeu est donc moins de choisir entre travailler plus ou payer davantage que d’établir une règle prévisible et durable. Lier progressivement l’âge de départ à l’évolution de l’espérance de vie permettrait de tenir compte d’une réalité que les gouvernements ne peuvent pas modifier : nous vivons plus longtemps. Pour Olivier Klein, c’est probablement à cette condition que la France pourra sortir les retraites de la confrontation politique permanente et les replacer sur le terrain des réalités démographiques.
Pour aller plus loin sur les pistes proposées par Olivier Klein, consultez sa tribune dans L’Opinion.

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